LA MEDECINE TRADITIONNELLE SINO-VIETNAMIENNE

A notre époque il est important de laisser sa place institutionnelle à la médecine moderne allopathique, qui reste la médecine d’urgence aux réponses rapides et nécessaires. Il est tout aussi important de reconsidérer la place de la Médecine Traditionnelle Orientale qui répond parfaitement au traitement des dysfonctionnements aigus ou chroniques, et ce d’une manière naturelle.
La Médecine Traditionnelle Orientale est de nos jours très largement répandue auprès du grand public. Elle est surtout connue sous le terme d’« Acupuncture ». 
L’efficacité de la Médecine Traditionnelle Orientale réside dans ses fondements et son expérience multimillénaire qui sont issus des observations fonctionnelles de l’être humain et de son environnement.


Généralités

La Médecine Traditionnelle Orientale (M.T.O.) s’occupe de rééquilibrer les différents systèmes physio-énergétiques perturbés dans une pathologie, que cette maladie ait son origine dans les système cardio-vasculaire, digestif, respiratoire, locomoteur, le système nerveux central, périphérique, ou encore uro-génital. Si une pathologie s’installe c’est que le système impliqué est plus ou moins gravement perturbé. Souvent ce sont plusieurs d'entre eux, dépendants les uns des autres qui sont  impliqués en même temps.
L’art du diagnostic différentiel en M.T.O est de mettre en évidence les systèmes impliqués dans une maladie et de déterminer celui qui est à l’origine du problème.
Par exemple : l’origine d’une insuffisance respiratoire peut provenir d’une déficience fonctionnelle du système uro-génital par ralentissement du travail des glandes surrénales, affaiblissant les fonctions anti-inflammatoires naturelles.

La Médecine Traditionnelle Orientale doit être considérée comme une voie de normalisation des fonctions physio-énergétiques de l’être humain, dont le diagnostic différentiel est la clef de voûte. Ce diagnostic différentiel est composé :

de l’interrogatoire : à propos du motif de consultation, des symptômes ressentis, de l'historique médical, prise en compte des paramètres tels que le sommeil, la digestion...
de l’observation du patient : par les différents signes comportementaux et symptômes visibles dans les yeux, la langue, la peau...
de l’examen clinique palpatoire.
de la prise des pouls (pulsologie orientale).

Une fois que le diagnostic différentiel précis est établi, il va engager l’utilisation d’un ou plusieurs outils de traitement pour permettre le retour à la santé.

Aujourd’hui tout le monde connait l’acupuncture qui reste la technique de traitement la plus répandue. L’utilisation des aiguilles d’acupuncture par sa popularité est arrivée à faire oublier ce qu’est réellement la M.T.O. C’est regrétable, car c’est une discipline dont le volume est riche et conséquent, et elle nécessite des connaissances bien plus vastes que la simple pose d’aiguilles.
Cette tendance très contemporaine qui confond la Médecine Traditionnelle Orientale et l’aiguille d’acupuncture, met au même rang par transposé le praticien complet et le simple acupuncteur.
En effet dans ce long apprentissage médical, la connaissance du praticien de toutes le faces de la M.T.O est primordiale, tant dans les différentes techniques de base théoriques et pratiques qu’il doit développer et prolonger en formation continue, que dans les arts corporels énergétiques comme le Taijiquan et son Qi Gong. Ces dernières disciplines représentent un exercice fondamental de normalisation physio-énergétique de la constitution du praticien , et sont nécessaires pour mieux canaliser ses propres capacités et affûter son ressenti dans le diagnostic palpatoire. Parfois, le Taijiquan (Taï Chi) et son Qi Gong (Chi-Kung) ont complètement disparu de la culture des praticiens, ou sont à peine esquissés dans les formations trop courtes.

Ce ne sont pas les aiguilles d’acupuncture qui soignent, mais la connaissance de l'Homme qui les pose. Ce n’est pas non plus le praticien qui guérit, mais la normalisation des systèmes perturbés emmène l’organisme malade à se guérir lui-même.


Les techniques

La Médecine Traditionnelle Orientale est initialement constituée d’un tronc d’étude théorique et pratique complet, dont les différentes formes de traitements s’organiseront à travers les outils suivants :

Le 1er grand groupe pratique : Acupuncture et Pharmacopée.

L’acupuncture, pour la résumer consiste à poser des aiguilles sur des points ayant la vocation (non exhaustive) d’être des interrupteurs manœuvrables pour normaliser les fonctions physio-énergétiques perturbées. La pose d’aiguille est complexe dans le sens ou la piqûre n’est que la partie apparente d’un traitement dont toute la valeur est contenue dans la manière de les faire travailler. Elle est souvent complétée par la moxibustion (réchauffement des aiguilles par l’armoise) dans de nombreux cas, mais également par l’électrostimulation.
La pharmacopée est l’art d’utiliser les plantes pour traiter les pathologies. Il existe plus de 1500 plantes en pharmacopée orientale, dont les actions ont été référencées très précisément et éprouvées au fil de siècles de pratique. En occident la gamme de la pharmacopée est beaucoup plus restreinte, car certaines plantes sont interdites en France par exemple. Cette discipline (tout comme les autres de la MTO) nécessite un long apprentissage et beaucoup d'expérience.
Ce bloc de techniques dont l’acupuncture est reine est le plus largement utilisé par les praticiens en M.T.O. 

 D’autres méthodes  font partie de l’arsenal thérapeutique
et constituent un deuxième groupe

L’acupressure. Utilisant la pression digitale ou manuelle sur les points d’acupuncture adéquats et les zones à normaliser. Elle est la forme simplifiée de la digitopuncture et reste un adjuvant des autres méthodes.
La digitopuncture, grande sœur de l‘acupressure. Elle emprunte l’aspect « pressurisation », si nécessaire, mais l’essence de cette technique réside dans la stimulation des  points par un toucher capable de travailler au cœur de la zone de moindre résistance électro-énergétique du point. Elle demande un diagnostic différentiel très poussé pour être appliquée. Cet outil peut souvent remplacer l’acupuncture de par son efficacité.
La digitopuncture au sens véritable est rarement utilisée car elle demande des compétences importantes en M.T.O. Le praticien qui veut l’utiliser à en principe une formation très solide en Taïchi et Chi-Kung (Taijiquan et Qi Gong) pour accroître ses capacités énergétiques et son ressenti. C’est une thérapie manuelle utilisant les doigts et les mains, ce qui l’emmène à être confondue avec l’acupressure.
Le Tuina (Tui Na An Mo), qui est un ensemble de mobilisations ostéo-articulaires, de pressurisations et massages permettant de régulariser les zones de Tension et les lésions impliquées dans le déséquilibre physio-énergétique du patient.
Le Tuina regroupe plus d’une vingtaine de techniques différentes, comme Tuifa (pression poussée), Roufa (pétrissage circulaire), Shenfa (les étirements), Yaofa (la mobilisation articulaire), mais également l’acupressure pour disperser ou tonifier les méridiens. Le Tuina utilise principalement des techniques correctives des lésions ostéo-articulaires.
L’utilisation des ventouses, qui permettent de décomprimer des zones bloquées et douloureuses par des stagnations de sang ou d’énergie.
Le Du Phu, massage réflexe des pieds, et éventuellement des mains et de la tête.
L’auriculopuncture, qui consiste à placer une ou plusieurs fines aiguilles (sortes de petites punaises) sur des micro-zones de stimulation réflexe de l’oreille. Ces aiguilles peuvent rester à demeure plusieurs jours.
Le Fa-Gong, techniques énergétiques méconnues donc très peu employées de nos jours, car elles demandent une formation spécifique, que seules de rares écoles authentiques d’arts énergétiques et arts martiaux dispensent à leurs experts.

Les exercices corporels constituent un autre groupe de techniques thérapeutiques

Le Taijiquan et Qi Gong thérapeutiques sont un ensemble de techniques corporelles pratiquées par le patient lui-même qui devient ainsi l’acteur de son traitement. Ces mouvements sont enseignés par un praticien en M.T.O. (pour le diagnostic différentiel) et expert en arts martiaux (au moins 12 ans de pratique pour la qualité de travail). Le Taijiquan et son Qi Gong permettent de régulariser les fonctions physio-énergétiques par un ensemble de mouvements qui ont pour vocation de vasculariser et de relancer, disperser ou tonifier énergétiquement les fonctions perturbées préalablement diagnostiquées. Le Taijiquan (Taïchi ou autres formes) et son Qi Gong (Chi-Kung), sont des exercices soit posturaux, soit en mouvement, qui sont exécutés en coordonnant le souffle, le geste et l’intention du type de travail engagé.


Synthèse :

La Médecine Traditionnelle Orientale possède des outils qui se complètent entre eux pour  obtenir une efficacité maximum. Une séance d’acupuncture est souvent accompagnée d’un Tuina ou de digitopuncture en fonction des pathologies. Des plantes sont recommandées à plus ou moins long terme. Les plantes ont l’avantage, comme tout produit naturel, d’être très bien acceptées par l’organisme, et sont adaptogènes (sauf les plantes toxiques), c'est-à-dire que si l’organisme n’en a pas besoin, il ne les utilisera pas et les évacuera.

A ce sujet, n’achetez pas de plantes sur internet au hasard. Autant les distributeurs compétents et certifiés sont courants sur le "web", autant vous trouverez également des sites dont les auteurs sont incompétents, et dont les plantes n’en ont que le nom.
De plus vous allez choisir les plantes en fonction de critères sommaires qui ne sont pas forcément ceux dont vous avez besoin pour rééquilibrer vote terrain. Des plantes mal choisies ne vous serviront à rien, malheureusement. Pour toute consommation de plantes, consultez votre médecin,  ou votre praticien MTO.